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La relation à l’autre, un espace thérapeutique?

  • Attention ceci est une ébauche synthèse d’un sujet qui méritent des heures et des pages de lecture/écriture (d’autres articles sont prévus). Je m’appuie sur mes lectures et les récents vécus pour te partager mon point de vue sur la relation. Il y aura surement d’autres articles qui viendront compléter celui-ci, hésite pas à me dire quel-s sujet-s t’intéresse. Mon objectif est juste de déposer des pistes de réflexion autour de la relation.
  • Je ne parlerai pas de sexe masculin et féminin mais de polarité masculine et féminine que nous possédons tous en nous (en proportion variable).
  • Je parle depuis le prisme de la relation de couple, mais c’est applicable à toute forme de relation.

Les polarités en nous

Nous sommes des êtres complets : portant la polarité Yin (féminine) et Yang (masculine) entre autres, mais concentrons-nous déjà sur celles-ci pour ce sujet 😉
A mon sens, nous sommes en quête de l’équilibre de ces polarités en nous, ce que l’on appelle notre couple intérieur.
En fonction de notre éducation, de notre héritage familiale, de notre culture et de notre environnement, nous pouvons avoir une prédominance Masculine ou Féminine. La société actuelle nous conditionne à penser en fonction de la caractéristique la plus évidente portée par notre corps. Ce qui nous réduit à notre sexe physique, creusant ainsi les clivages hommes/femmes et mettant de côté la question des genres et des personnes intersexes. Cela revient à nier notre autre moitié de nous, pourtant aussi valable.


Voici une liste (non exhaustive) des caractéristiques des deux polarités

Polarité Yin

  • Ombre
  • Nuit
  • Introspection
  • Eau
  • Intériorité
  • Intuition
  • Imagination
  • Inspiration
  • Lune
  • Terre
  • Inconscient
  • Réception
  • Être
  • Écoute
  • Courbe

Polarité Yang

  • Lumière
  • Jour
  • Extrospection
  • Feu
  • Extériorité
  • Analyse
  • Raisonnement
  • Logique
  • Soleil
  • Ciel/Air
  • Conscient
  • Émission
  • Faire
  • Parole
  • Carré

Toutes ces caractéristiques nous constituent, en proportion variable, selon notre personnalité et le contexte. A mon sens, nous sommes tous en quête de l’équilibre entre ces différentes parts de nous.
Mais comme nous avons appris à en renier une partie (société patriarcale, dogmes, diktats…), nous partons donc à la recherche de notre « moitié » pour pouvoir nous compléter. Qui n’a jamais parlé de son partenaire comme de sa moitié?
Et c’est là où nous faisons erreur : ce n’est pas chez l’autre que nous allons pouvoir trouver notre équilibre, mais grâce à l’effet miroir de la relation (j’y reviens plus loin).
Deux « moitiés » vont chercher chez l’autre ce qui leur manque et attendre de l’autre qu’il soit ce qu’elle ne peut être (en cristallisant une forme de dépendance à l’autre) pour combler leurs failles, elles ne sont pas en disposition de rencontrer l’autre pour ce qu’il est. N’étant pas en sécurité de soi à soi, la relation se complique car sans l’autre, nous nous effondrons.

Si nous sommes sur le chemin de la pleine conscience de notre entièreté (d’être 1), nous nous sentons de plus en plus dans notre réalisation de nous-mêmes. Nous allons rencontrer un autre 1 afin d’entreprendre la relation de couple comme un moyen d’évoluer chacun et ensemble, dans nos différences et le soutien. Nous devenons deux personnes, deux partenaires, solidaires sur la voie de notre propre réalisation.
Reconnaitre, respecter et accepter l’existence et la différence de l’autre, c’est s’offrir une merveilleuse rencontre avec soi-même et autoriser l’autre à exister par et pour lui-même.

A mon sens, nous sommes tous en quête d’équilibre entre toutes les parts de nous. La relation vient, comme un miroir, nous renvoyer le reflet de notre couple intérieur.

« Aucune de nos polarités n’est meilleure ou supérieure à l’autre, quelle que soit la relation de couple que nous expérimentons, l’objectif étant de parvenir à l’alchimie de l’homme et la femme en nous : l’union de notre couple intérieur »

Claudia Rainville

Magnétisme et effet miroir

Cependant, lors de l’amorce de la relation, il y a un effet magnétique. Nous sommes attirés par telle personne ou telle autre : à la recherche de la polarité qui nous équilibre. Une tendance féminine (homme ou femme) aura tendance à être attirée par la polarité masculine (homme ou femme). Ce début de relation est essentiel pour commencer l’aventure à deux et aborder la relation comme miroir de notre couple intérieur : trouver l’unité en soi et l’union dans le couple.
Nous n’entrons pas en relation par hasard avec une personne. Quelque chose nous attire, bien souvent inexplicable au début.
Inconsciemment, nous allons être attirés par ce que la personne est dans son histoire, son vécu, ses blessures, ses forces… Tout ce qui pourrait nous amener à nous réparer. Cette personne en face a la clé pour pour nous aider à nous libérer, à nous confronter à nos schémas, les mettre en lumière, et en conscience trouver la solution pour sortir de la boucle.
Au début les polarités s’équilibrent, le frisson de l’amour et de la passion va fonder les premières bases de la relation. En tenant compte des 4 formes d’amour que sont Eros, Aphrodite, Philia et Agapé, Eros est celui de l’attirance, de l’attraction sexuelle qui va déterminer si rencontre il y a. (Si cela t’intéresse que je développe ces 4 formes d’amour, dis-le moi en commentaire, j’en ferai le sujet d’un prochain article).

Nous sommes à la recherche de la relation épanouie, harmonieuse, parfaite… sans forcément se rendre compte que cette recherche dans le couple passe d’abord par notre propre harmonie intérieure. Après les premiers mois, les premiers évènements viennent bousculer l’homéostasie de la relation. Si nous ne sommes pas stables nous-mêmes, ces bouleversements peuvent avoir un effet dévastateur sur la relation. Pourquoi cela se passe t’il ? Dans la relation, nous touchons à notre intime profond et il se rejoue nos jeux et enjeux psychologiques, nos pièges, nos schémas, et les systèmes de protection mis en place au cours de notre enfance pour ne plus souffrir (la première blessure étant celle de la séparation lors de la naissance).
Face à ce chaos, nous pouvons décider de quitter le lien, la relation… ou la voir comme une opportunité de grandir ensemble. Si les deux partenaires sont conscients de ce phénomène, c’est un énorme plus. Nous pouvons être pleinement partenaire l’un de l’autre pour se soutenir mutuellement dans ce que chacun traverse à tour de rôle. Nous pouvons décider en conscience de jouer le rôle du miroir pour que notre partenaire puisse y voir le reflet de ses propres failles et forces.
Chaque évènement qui vient bousculer l’homéostasie est une invitation à comprendre ce qui se rejoue de nos blessures et de nos schémas (à la base présents pour nous protéger par l’Ego), pour retrouver l’équilibre en soi et dans la relation.

Quand la complémentarité est reconnue et acceptée, elle met fin aux luttes de pouvoir. Au lieu de se combattre, les hommes et les femmes deviennent solidaires sur la voie de leur réalisation.

Claudia Rainville

Sortir de la lutte de pouvoir

Lorsqu’un schéma ou une blessure s’active, nous perdons notre équilibre et basculons dans un extrême ou un autre/
Et comme nous ne sommes pas avec ce partenaire par hasard, notre schéma peut déclencher le sien, nos blessures se répondent et s’alimentent : nous allons tout mettre en œuvre pour nous protéger du danger via nos systèmes de protection.
C’est comme cela que nous avons survécu jusqu’ici.
Je vais parler en métaphore, car j’adore imager mes propos ^^

Voyons la relation comme un bain : « Nous » c’est la baignoire, celle qui contient ce que chacun apporte, l’un l’eau chaude et l’autre l’eau froide.
Pour que notre bain-relation soit agréable, il faut la bonne température, modulée par chacun. L’eau peut être tantôt plus chaude, tantôt plus froide selon les besoins de chacun dans la relation en vue du contexte extérieur (s’il fait très chaud dehors, on va activer l’eau froide pour se rafraichir). Le contexte extérieur va permettre à chacun de mettre en avant ses qualités au service de la relation.
Quand tout se passe bien, l’eau du bain est à bonne température pour tout le monde.

Hors, si pour une raison ou une autre, l’eau chaude se met à couler plus fort, plus vite (réactivation d’une blessure), l’eau froide va également couler plus fort, pour tenter de maintenir la température.
Sauf que ce n’est pas ce dont l’eau chaude a besoin, elle a besoin qu’il fasse plus chaud ! Elle va donc remettre encore plus de chaleur, puis l’eau froide va répondre avec la même force…
On rentre alors dans la lutte de pouvoir : aucun des deux ne veut céder par crainte de se voir souffrir (l’eau chaude d’avoir froid, l’eau froide d’avoir chaud).

A ce moment, plusieurs scénarios possibles:
- Il n’y a pas de communication entre les deux partenaires, chacun restant dans ses résistances : risque que la baignoire déborde (relation qui s’éclate), ou l’un des deux qui « lâche » et se retrouver blessé, mettant potentiellement fin à cette relation trop blessante (risque multiplié si ce phénomène se produit souvent).

- L’un des deux arrive à pendre conscience que quelque chose se rejoue entre eux et instaure une communication. Un accord entre les partenaires peut être trouvé:
1) l’eau froide s’accorde à avoir un peu plus chaud temporairement pour aider l’eau chaude (qui s’accorde à baisser le débit pour que ça soit plus vivable pour l’eau froide) à comprendre ce qui se passe et mettre en conscience son schéma. Puis les deux s’accompagnent à baisser leur débit respectif pour retrouver la bonne température.
2) Les deux s’accordent sur leur confiance mutuel, s’apaise et baisse tous les deux la pression afin de retrouver un climat agréable et répondre à leurs besoins respectifs (mutuellement ou individuellement), se donner l’espace et le temps de comprendre ensuite, ce qui a déclenché l’activation initiale.

La clé est la communication. Cela parait simple et pourtant, c’est parmi les sujets les plus complexes à aborder. Peur de blesser, apprentissage de pas être écouté, conditionnement à se taire et attendre que ça passe… Il existe de nombreuses raisons faisant glisser la relation dans le silence, laissant la place aux projections.
Pour aider à instaurer la communication, plusieurs pistes sont à explorer dont : Connaitre notre langage et celui de l’autre ET connaitre nos propres besoins. Bien sûr tout cela ne peut se développer que lorsqu’un climat de confiance est instauré entre les deux partenaires. Lorsque chacun se sent suffisamment en sécurité dans le lien pour pouvoir se mettre à nu, pour oser montrer à l’autre ses parts de nous que nous ne n’acceptons pas de nous mêmes. Comment mon partenaire peut m’aimer si je montre ces ombres de moi, alors que moi même je ne les accueille pas?

En apprenant notre langage d’amour et celui de mon partenaire, nous savons comment communiquer avec elle/lui et cela évite bien des quiproquos. (voir les 5 langages de l’amour de Gary Chapman).
Et connaissant nos besoins, nous pouvons sortir du reproche à l’autre et parler en son nom propre. Par exemple plutôt que de dire « tu ne m’écoutes jamais », dire « j’ai besoin que tu m’écoutes sur ce sujet, c’est important pour moi ». Ça vibre pas pareil hein ?
Dans le premier nous reprochons à l’autre qu’il ne nous écoute pas (alors que peut-être que si, mais en tout cas nous ne le percevons pas), et dans le deuxième nous valorisons notre partenaire en lui exprimant qu’on lui confie quelque chose d’important pour nous et nous sollicitons son écoute.

exercice de réflexion

Souvent, ce qui nous énerve chez l’autre sont des choses soit que l’on ne s’autorise pas – voir que l’on refoule – soit que nous jugeons mauvaises dans notre propre attitude.
Prends une relation proche de toi (ton conjoint, ta sœur, ton meilleur ami…) et observe une attitude qui te met en colère, t’active.
Si tu as une situation précise en tête tu peux prendre un temps pour revivre cette scène, et sentir où ça raisonne en toi. Pourquoi ce comportement a cet impact sur toi ?
De la même façon, observe une qualité, un comportement que tu admires chez cette même personne.
Il s’agit peut être d’une qualité non exploitée chez toi…
C’est un excellent moyen pour comprendre l’effet miroir de la relation, et regarder en soi ce que l’on accepte pas.
Et en avançant sur l’acceptation de soi, avancer sur l’acceptation de l’autre dans son entièreté.

« Nous avons été blessés par de vraies personnes/relations, nous pouvons nous guérir par les relations avec de vraies personnes »

3 Commentaires

  1. Romain

    Wouaaah je viens de prendre le temps de lire cette article. Vraiment très intéressant. Je serai vivement intéressé par les 4 formes d’amour dont tu parle 🙂

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  2. Audrey ho

    Superbe ton article ! Oui aussi pour les 4 formes d’amour pour enrichir ma curiosité.
    Merci 😉❤️

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  3. Carole

    Magnifique ce nouveau site ! Encore plus inspiré et lumineux. L’équilibre Yin Yang est le juste chemin de la voie du milieu à incarner et tu l’illustres parfaitement dans tes photos. Merci Mara !

    Mon site est en refonte aussi. Je mettrais ton lien dès qu’il sera finalisé.

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